Aides auditives : que change le décret 2027 pour le remboursement ?

Appareil auditif posé sur des documents officiels avec une calculatrice, illustrant les implications financières

Oui, le remboursement des aides auditives va évoluer : un décret publié le 21 août 2026 permet à l’Assurance maladie d’augmenter sa part remboursée sur les appareils auditifs et d’autres dispositifs inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR), la mesure pouvant s’appliquer dès le 1er janvier 2027. Certaines catégories de patients resteront toutefois prises en charge à 100 % et votre complémentaire santé peut, selon les contrats, combler le reste à charge.

En quoi consiste la modification réglementaire

Le texte change une disposition du code de la sécurité sociale qui fixe les plafonds de participation laissés à la charge de l’assuré, le fameux ticket modérateur. Jusqu’ici la fourchette applicable aux dispositifs inscrits sur la LPPR était comprise entre 40 et 50 %. Le décret relève ces plafonds et fait passer la fourchette réglementaire à 50–60 %, la valeur finale devant être arrêtée par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM).

Autrement dit, l’Assurance maladie peut diminuer sa part de remboursement et transférer une plus grande portion du coût des dispositifs vers les complémentaires santé, en ciblant notamment les contrats « solidaires et responsables », qui couvrent la très grande majorité des complémentaires (environ 95 %).

Quels dispositifs et patients sont concernés ?

Les aides auditives figure(nt) parmi les dispositifs listés sur la LPPR et entrent donc dans le périmètre de la mesure. D’autres matériels « courants » présents sur la liste, comme certains pansements ou équipements médicaux, sont également visés par le relèvement des plafonds.

Exceptions et protections maintenues

Le décret prévoit des garde-fous explicites. Les patients bénéficiaires d’une prise en charge liée à une affection de longue durée (ALD) continueront de voir les soins afférents pris en charge à 100 % sans reste à charge supplémentaire. De même, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS), au nombre d’environ 8 millions, ne subiront pas d’augmentation de reste à charge du fait de cette réforme. Enfin, certains dispositifs considérés comme essentiels, notamment le grand appareillage sur mesure et les véhicules pour personnes handicapées, demeurent intégralement pris en charge par l’Assurance maladie.

Que signifie cela pour votre facture d’appareil auditif ?

Concrètement, si l’Assurance maladie réduit sa part, votre reste à charge sur un appareil auditif peut augmenter sauf si votre complémentaire santé le compense. Le décret ne modifie pas actuellement les règles qui déterminent si un matériel est inscrit sur la LPPR : il agit uniquement sur les plafonds de participation.

Facture d'appareil auditif avec montants de remboursement détaillés
Vérifiez votre reste à charge en demandant un devis détaillé à votre audioprothésiste.

Il est important de ne pas présumer que la mutuelle remboursera automatiquement la différence. Les contrats varient en couverture et en plafonds, même parmi les contrats dits « solidaires et responsables ».

Conseils pratiques pour limiter l’impact financier

  • Demandez toujours un devis détaillé à votre audioprothésiste avant l’achat et vérifiez si l’appareil figure sur la LPPR.
  • Contactez votre complémentaire santé pour obtenir la grille de remboursement précise applicable à votre contrat.
  • Si vous êtes en ALD ou bénéficiaire de la CSS, signalez-le pour confirmer l’exonération de reste à charge pour les soins concernés.
  • Comparez plusieurs offres et demandez des explications écrites sur les prestations incluses (suivi, réglages, garantie).
Consultation chez un audioprothésiste pour vérifier l'appareil auditif
Contactez votre complémentaire santé pour connaître votre grille de remboursement précise.

Pourquoi le gouvernement justifie-t-il ce changement ?

Le décret motive la mesure par la nécessité de préserver la soutenabilité financière du système de santé : en allouant une plus grande part du coût des dispositifs courants aux complémentaires, l’Assurance maladie souhaite dégager des marges pour financer des traitements et dispositifs plus innovants et souvent plus onéreux. Cette orientation repose sur un arbitrage budgétaire et sur le rôle attendu des complémentaires dans le financement de certains postes.

Limites et points d’attention

La mesure laisse plusieurs points à préciser : le taux exact sera fixé par l’UNCAM, l’impact réel dépendra des clauses des contrats complémentaires, et l’articulation entre LPPR et prises en charge optionnelles peut varier selon les produits. Pour les patients, la vigilance consiste essentiellement à vérifier avant l’achat la combinaison entre le remboursement de l’Assurance maladie et celui de la mutuelle afin d’évaluer le reste à charge réel.

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